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Les tendances de la formation en entreprise en 2019

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Selon le Ministère du travail, les entreprises françaises de plus de 10 salariés ont dépensé en 2017 13 milliards d’euros d’investissement dans le formation de leurs collaborateurs. Ce chiffre est en croissance de 10,5% au cours des 5 dernières années. C’est un fait, les entreprises investissent de plus en plus ans la formation de leurs salariés, mais les domaines sur lesquels portent ces programmes ainsi que les modalités de formation recherchées ont considérablement évolué au cours des dernières années. Une enquête 2018 réalisée auprès de 35 entreprises éditée par C-Campus révèle ces nouvelles tendances, en voici les principales. 

 

Les entreprises croient plus que jamais dans la nécessité de formation du personnel

Favorisé par le financement des OPCA et la réforme du CPF, les entreprises investissent toujours autant dans la formation. Les thématiques les plus en vogue restent : le management et le leadership, la connaissance des produits et les nouveaux applicatifs informatiques. Plusieurs facteurs influencent cette tendance à l’investissement des entreprises en formation : des univers concurrentiels accrus qui imposent d’être dans une démarche d’innovation quasi permanente ; le développement du digital Learning qui réduit les coûts de formation ; une reconnaissance accrue par le top management de la nécessité d’investir dans la formation des collaborateurs comme garant de la compétitivité de l’organisation.

L’accès à la formation se diversifie et l’offre de formation se transforme

La planification des formations via le plan de formation annuel disparaît peu à peu et la formation devient progressivement un flux d’apprentissage constant. Poussée par le Digital Learning, la formation est de plus en plus proposée « en libre-service ». Les collaborateurs ont accès à une plateforme proposant divers modules, ils se servent comme ils veulent et prennent en charge leur propre parcours de formation. On voit également apparaître de nouveaux formats tels que la formation en situation de travail (FEST). Les modalités sont diverses. Il peut s’agir d’un plan de progression de compétences sur lequel s’accordent collaborateurs et managers et qui fait l’objet d’un programme de formation au long cours, dont la périodicité est adaptée au profil et à l’emploi de l’apprenant. La FEST peut également prendre la forme de partage de bonnes pratiques ritualisé à l’occasion de réunions hebdomadaires entre pairs. Les organismes de formation voient ainsi peu à peu évoluer leur rôle en se repositionnant en amont des processus d’accompagnement sur l’ingénierie et la conception de tels programmes.

Le digital learning s’impose en complémentarité dans toutes les modalités de la formation

Les formes du Digital Learning deviennent de plus en plus variées. Fiches PDF téléchargeables, formats vidéos courtes de 2 à 7 minutes, serious games… de nouvelles modalités ne cessent de voir le jour, pensées à la fois pour l’ordinateur mais aussi pour la tablette et le mobile. Contrairement à ce que l’on pouvait imaginer, le Digital Learning ne se substitue pas à la formation traditionnelle, il vient enrichir les dispositifs proposés, en permettant de maintenir un lien d’apprentissage continu entre les sessions organisées en présentiel. De plus en plus vont se constituer en entreprise et chez les organismes de formation des bibliothèques de contenus digitaux. Malheureusement, le coût de la digitalisation rend encore impossible l’accès à ce type d’offre pour les petites et moyennes entreprises. Mais l’offre devrait se démocratiser dans les années à venir.

La formation en présentiel reste au cœur des dispositifs mais devient événementiel

Les lieux de formation sont le témoin de cette tendance. La salle de formation en U avec vidéo-projection au centre proposé par un formateur devant un public immobile est peu à peu remplacée par des espaces modulables sans table, avec fauteuils roulants incorporant des tablettes individuelles pour les participants. Au format magistral sont préférées les approches pédagogiques qui favorisent la dynamique de groupe. Le formateur change ainsi de posture, il  devient accompagnateur pédagogique et facilitateur de processus d’intelligence collective. Les participants apprennent en débattant et en testant les contenus lors de sessions pratiques en sous-groupes. Suivant la même logique, des formats autrefois réservés à des séminaires de travail tels que le World Café ou Le Hackathon investissent les déroulés pédagogiques.

Les écoles de formation internes se développent en entreprise

Là où les grandes entreprises sollicitaient systématiquement les organismes de formation pour concevoir l’intégralité de leurs programmes de formation et les animer, elles créent désormais leurs propres structures internes. La relation aux organismes de formation évolue en conséquence, ceux-ci devenant des partenaires conseils en ingénierie plus que des fournisseurs de prestations de formation. Pour les entreprises de petite et moyenne taille, la tendance est à la conception de programmes de formation intra sur mesure afin de coller au plus près des référentiels de compétences propre à chaque organisation.

L’apprenant devient de plus en plus co-auteur de son parcours de formation.

Les participants des parcours de formation sont de plus en plus sollicités pour identifier ce dont ils ont besoin. Les compétences à développer sont ainsi identifiés en priorité par les futurs participants, charge au prestataire de formation de déployer un parcours adapté. Cette tendance vient peu à peu remplacer les programmes génériques proposés par les organismes à tous leurs clients. De plus en plus, le salarié devient co-auteur de son parcours de formation. Cela nécessite de développer chez lui une compétence essentielle : l’apprenance. Sur cette dernière, de nombreux progrès restent à faire, et c’est là un autre enjeu majeur pour les organismes de formation.

Rodéric Maubras
Co-fondateur Groupe H2H

r.maubras@groupeh2h.com